mardi 12 novembre 2013

L'Atelier du Maître Tailleur

  Le métier de maître tailleur existe depuis Louis XIV. Les maîtres tailleurs bénéficient d'un statut particulier au sein des armées : ils sont à la fois militaires et chefs d'entreprise. Ce sont des militaires, sous-officiers, recrutés comme tels sur concours avec épreuves pratiques. Leur hiérarchie ne comporte pas le grade de major et de fait d'eux des officiers.
Ils dirigent une entreprise privée en régie mais perçoivent la solde de leur grade. Ceci veut dire qu'ils sont à la fois militaires et artisans. L'armée met à leur disposition un local, voire certaines machines et leur passe commande pour les magasins des corps. Le maître tailleur emploie et rémunère les ouvriers et ouvrières de son atelier. L'atelier fabrique une grande part des vêtements d'uniforme. Le militaire peut passer directement commande pour les képis, les vêtements sur mesure, les accessoires comme les fourreaux d'épaule, barrettes de décoration, galons d'uniforme...


L'Atelier du Maître Tailleur à Brest se situe dans l'Arsenal porte de la Grande Rivière. C'est une entreprise de confection de l'habillement militaire, des drapeaux, des voiles pour la marine. Je contacte l'atelier par téléphone pour avoir plus d'informations. Carine Breton me répond, elle me dit avoir 37 ans de maison et encore du travail mais pour combien de temps? Elle m'invite à rappeler Monsieur Gérald Février, le Maître Tailleur actuel souvent en déplacement car il dirige aussi l'atelier de Toulon plus important apparemment. Tous les deux me disent que l'avenir de l'atelier est suspend car la marine va décider dans un délais très bref de cesser l'activité au sein de l'armée pour l'externaliser. L'atelier emploie aujourd'hui 48 personnes alors que dans les années 50 elles étaient jusqu'à 280. On est au bout de quelque chose, le métier va disparaitre. Vont-ils rentrer dans l'histoire? Nous sommes au cœur de l'actualité concernant les mutations de la vie salariée en période de crise économique et de globalisation du travail. En Bretagne on assiste à licenciements massifs dans toutes les entreprises industrielles. Que vont faire les ouvriers et surtout ouvrières? La reconversion ça prend du temps. Je suis curieuse de connaitre les savoir-faire développés au sein de l'atelier.
J'obtiens un rendez-vous pour une visite.




Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire